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Texte libre

"[...] nous agirons à l'intérieur du régime actuel, de ce même régime dont nous avons montré les contradictions et les iniquités au cours de notre campagne électorale" et ajoute vouloir "[...] extraire la quantité de bien-être, d'ordre, de sécurité, de justice [...] pour la masse des travailleurs et des producteurs"

Léon Blum , 31 mai 1936,  congrès extraordinaire du Parti socialiste SFIO)


cité par Jacques Girault, in Au devant du bonheur les Français et le Front populaire, Paris, CIDE, 2006

"Le débat n'est pas entre la conception réformiste et la conception révolutionnaire, mais entre deux conceptions révolutionnaires qui, en effet, sont radicalement et essentiellement différentes l'une et l'autre. [...]Révolution cela signifie, pour le socialisme traditionnel français : transformation d'un régime économique fondé sur la propriété privée en un régime fondé sur la propriété collective ou commune, voilà ce que cela veut dire. C'est cette transformation qui est par elle-même la révolution, et c'est elle seule, indépendamment de tous les moyens quelconques qui seront appliqués pour arriver à ce résultat. Révolution, cela veut dire quelquechose de plus. Cela veut dire que ce passage d'un ordre de propriété à un régime économique essentiellement différent ne sera pas le résultat d'une série de réformes additionnelles, de modifications insensibles de la société capitaliste.
Les progrès de la révolution sont parallèles avec l'évolution de la société capitaliste. La transformation sera donc nécessairement préparée par des modifications insensibles que subit la société capitaliste. Mais l'idée révolutionnaire comporte, à notre avis à tous, je crois, ceci : qu'en dépit de ce parallélisme, le passage de l'état de propriété à un autre ne se fera pas par la modification insensible et par l'évolution continue, mais qu'à un moment donné, quand on en sera venu à la question essentielle, au régime même de la propriété, quels que soient les changements et les atténuations qu'on aura préalablement obtenus, il faudra une rupture de continuité, un changement absolu, catégorique. "


Léon Blum, discours au 18ème congrès de la SFIO en décembre 1920, congrès de Tours

Mardi 19 juin 2007

La victoire dimanche soir de Sandrine Mazetier, candidate socialiste dans la 8ème circonscription de Paris est sans appel. Le candidat parachuté par l’UMP, Arno Klarsfeld est battu nettement.

Il faut rappeler que la 8ème circonscription de Paris n’a jamais été à gauche hormis au lendemain de la Libération et durant quelques mois, seulement.

Ce sont les idées et les valeurs portées par Sandrine Mazetier et défendues tous les jours partout dans l’arrondissement par les militantes et les militants du parti socialistes qui ont rendu possible cette victoire. En face, le candidat du parti du président Sarkozy n’a fait que multiplier les sourires et les petites phrases en décalage totale avec les enjeux de l’élection. On peut même dire qu’une certaine forme de condescendance et de mépris du débat public et politique émanait du discours d’Arno Klarsfeld.

Inutile de s’attarder plus sur cet échec de la droite parisienne.

Il faut signaler que Sandrine Mazetier, a su, rassembler sur sa candidature, au lendemain du 1er tour toutes les autres candidatures de la gauche. Les prises de parole, notamment de la candidate des Verts, Pénélope Komitès, soulignaient qu’au delà des divergences entre socialistes et les autres formations politiques de la gauche, des valeurs étaient partagées.

Sandrine Mazetier a su rendre crédible, par son propre engagement, son identité de femme de gauche tant sur les questions sociales et économiques que sur les questions environnementales et sociétales.  

Nous avions besoin d’une telle victoire pour renouer avec l’espoir après la défaite de Ségolène Royal au second tour de la présidentielle.

Enfin les qualités politiques et la sincérité de l'engagement de Sandrine Mazetier ainsi que son inscription dans le seul champs du débat politique nous épargneront toute peopolisation. Sandrine Mazetier est maintenant, par son nouveau statut de député, en position, pour participer pleinement à la nécessaire rénovation du parti socialiste. Cette rénovation que l'on souhaite inscrire dans une social-démocratie repensée et appronfondie à même de peser sur les choix de sociétés.

Loin de ce débat se situe et s'inscrit la prestation de Ségolène Royal annonçant sa rupture d’avec François Hollande. Soudain la vulgarité, l’impudeur, l’orgueil et une certaine vanité a fait irruption dans le champ politique. La camarade Ségolène Royal n’a pas accepté, semble-t-il, que la victoire puisse être vécu collectivement et que certains et certaines camarades soient plus dans la lumière qu’elle. Elle nous a donc obligé à partager son divorce qu’elle n’a pu s’empêcher de décrire sur le ton de la décision politique. En limogeant son compagnon elle a considéré qu’elle limogeait le 1er secrétaire du PS et qu’elle pouvait donc prendre sa place. Initiée sur le ton d’un mauvais sitcom, la rupture a pris des allures mondaines d’une vulgarité sans nom.

Il est temps que les militantes et militants que nous sommes rappellent à la camarade Royal que c’est nous qui décideront de la future direction nationale du PS en fonction du calendrier décidé. Il faut la remettre à sa place et rejeter ses injonctions, son autoritarisme, sa volonté de tout régenter, sa manière d’utiliser la presse pour agir et peser sur les débats en interne. Il en va de la vie démocratique de notre parti.

Par Eric Lafon - Publié dans : agauche2007
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