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Texte libre

"[...] nous agirons à l'intérieur du régime actuel, de ce même régime dont nous avons montré les contradictions et les iniquités au cours de notre campagne électorale" et ajoute vouloir "[...] extraire la quantité de bien-être, d'ordre, de sécurité, de justice [...] pour la masse des travailleurs et des producteurs"

Léon Blum , 31 mai 1936,  congrès extraordinaire du Parti socialiste SFIO)


cité par Jacques Girault, in Au devant du bonheur les Français et le Front populaire, Paris, CIDE, 2006

"Le débat n'est pas entre la conception réformiste et la conception révolutionnaire, mais entre deux conceptions révolutionnaires qui, en effet, sont radicalement et essentiellement différentes l'une et l'autre. [...]Révolution cela signifie, pour le socialisme traditionnel français : transformation d'un régime économique fondé sur la propriété privée en un régime fondé sur la propriété collective ou commune, voilà ce que cela veut dire. C'est cette transformation qui est par elle-même la révolution, et c'est elle seule, indépendamment de tous les moyens quelconques qui seront appliqués pour arriver à ce résultat. Révolution, cela veut dire quelquechose de plus. Cela veut dire que ce passage d'un ordre de propriété à un régime économique essentiellement différent ne sera pas le résultat d'une série de réformes additionnelles, de modifications insensibles de la société capitaliste.
Les progrès de la révolution sont parallèles avec l'évolution de la société capitaliste. La transformation sera donc nécessairement préparée par des modifications insensibles que subit la société capitaliste. Mais l'idée révolutionnaire comporte, à notre avis à tous, je crois, ceci : qu'en dépit de ce parallélisme, le passage de l'état de propriété à un autre ne se fera pas par la modification insensible et par l'évolution continue, mais qu'à un moment donné, quand on en sera venu à la question essentielle, au régime même de la propriété, quels que soient les changements et les atténuations qu'on aura préalablement obtenus, il faudra une rupture de continuité, un changement absolu, catégorique. "


Léon Blum, discours au 18ème congrès de la SFIO en décembre 1920, congrès de Tours

Dimanche 29 avril 2007
L'article paru dans Le Monde et signé Sylvia Zappi, l'échec de la gauche antilibérale est une bonne synthèse sur la stratégie de cette gauche de la gauche développée depuis la victoire du "non" au referendum du 29 mai 2005. Pour autant il pèche par par son manque de mise en perspective sur une séquence plus longue dans le temps. L'échec électoral de la gauche antilibérale au 1er tour de l'élection présidentielle de 2007 marque la fin d'un cycle, celui inauguré en 1995 lors du mouvement contre le Plan Juppé. A quelques individualités près on retrouve les mêmes acteurs, les mêmes équipes, les mêmes stratégies de recherche d'alternative au libéralisme passant par une double nécessité stratégique : contester l'hégémonie du PS à gauche et obliger le PC et sa direction à s'inscrire dans le champs de cette alternative, le parti communiste pour ce qu'il représente en terme de force militante étant nécessaire à l'élaboration de cette nouvelle force. L'unité politique mise en place lors de la bataille contre le TCE n'est que l'aboutissement de nombreuses initiatives, appels, convergences, pétitions, regroupant toutes ces courants s'identifiant à la gauche alternative, antilibérale, écologiste, féministe. L'opposition au Plan Juppé est l'occasion, pour la première fois, de voire l'extrême gauche (principalement la LCR) rencontrer et agir de concert avec le PCF, l'écologie politique. Mouvance sociale et mouvance politique se rencontrent et débattent, les syndicalistes se préservant de toute instrumentalisation. La victoire du PS en 1997 survient et produit une pause dans cet aggiornamento du fait de la participation du PC au gouvernement Jospin. La question de l'ouverture du capital des entreprises publiques (France Télécom, Air France) acceptée par le PCF et les Verts, la politique de Jean-Pierre Chevènement à l'égard des Sans-papier, le mouvement des chômeurs, produit des clivages au sein de la gauche de la gauche. Le retour de la droite sera l'occasion pour les communistes de renouer avec cette gauche critique qui dessine les contours du social-libéralisme dont serait porteur le PS (l'expérience travailliste anglaise et l'expérience italienne, finissent de convaincre la gauche radicale des nécessités de poser des frontières infranchissables pour la gauche de la gauche).
L'altermondialisme, les travaux de la fondation Copernic, des réseaux ATTAC, les reflexions développés dans de nombreuses revues, auxquels s'ajoutent organisation, courants, réseaux, forment une constellation très variée et très disparates politiques. La tenue des Forums sociaux mondiaux et européens participent de nourrir la reflexion et d'élaborer les grandes lignes d'un projet antilibérale....comme utopie et pas comme programme de gouvernement.
Une fois de plus les élections pertubent l'assemblage et la construction politique. Cette fois non seulement le PCF renoue avec le pragmatisme électoral (la nécessité politique d'exister et d'être présent aux élections, obligations créees par la Veme République), mais la LCR présente une nouvelle figure, Olivier Besancenot, produit politique du mouvement social, de l'altermondialisme, nouvelle figure d'une extrême gauche rénovée, en tout cas dans son profil médiatique. Le résultat de l'élection présidentielle de 2002 est marquée par l'effondrement du PC et par la percée de l'extrême gauche (LO-LCR). En fait les régionales de 1998 et les européennes de 1999 ont posé les jalons de cette percée électorale. L'élimination de Jospin, l'échec du Parti socialiste dès le 1er tour et la mobilisation anti-Le Pen ne confèrent toutefois  pas à la gauche radicale le rôle qu'elle croit pouvoir jouer. Les élections législatives qui suivent confirment l'extrême gauche et le PC dans leur faible voire très faible etiage et leur inexistence sur le plan électoral à l'échelle nationale. Il leur faudra attendre la campagne contre le Traité constitutionnel européen pour occuper le devant de la scène et influer sur le cours politique de la situation. Mais encore une fois, une surévaluation de la dynamique, tant de son contenu (en terme d'adhésion à un projet aussi flou que généraliste que la revendication d'une Europe sociale) que de sa dynamique, conduit les tenants divers du "non" à s'obliger d'ignorer que la toute fraîche union entre Buffet, Bové, Besancenot et Melanchon (Ps) ne repose que sur le temps d'une campagne. Surévaluation tout simplement parce qu'une partie des courants souverainiste de droite et d'extrême droite compte énormément dans la victoire du "non" qu'un Claude Debons ou Alain Krivine ont rapidement identifié comme un vote majoritaire de la gauche. Quant à la précarité politique de ce rassemblement l'absence totale d'initiative pouvant donner suite à la proclamation d'un "Plan B" dont on n'attend toujours d'en lire la première ligne et d'en apercevoir la première manifestation, est bien la preuve qu'il n'avait pas d'avenir au lendemain du 29 mai. Il faut ajouter que son principal promoteur, Laurent Fabius s'est bien gardé lui aussi d'en énumérer ne serait-ce qu'une infime partie. Reste ces milliers de militantes et militants de toutes la gauche rassemblés dans les comités antilibéraux abandonnés par les principales vedettes des tréteaux de meeting, revenus rapidement au pragmatisme électoral qu'imposait l'éléction présidentielle à venir. Les premiers militants à en subir les effets sont celles et ceux qui lors d'élections partielles entendaient donner suite au rassemblement antilibéral et qui se sont vus opposés les traditionnels union politique, notamment venant du PC.
Le traumatisme de 2002, la menace Le Pen, la droitisation de la candidature Le Pen, le retour sur le plan politique d'un PS à l'offensive (sur le CPE, les services publics) et l'attractivité de la candidate Ségolène Royal n'ont eu guère de difficulté à s'imposer vis-à-vis de cette gauche antilibérale laminée par le 1er tour de l'élection de 2007. Elle est réduite aujourd'hui à en appeler à voter pour "la gauche molle et social-libérale". Elle a heureusement, au-delà de ses prétentions, pris toute sa responsabilité politique en appelant à voter Royal et donc à faire la différence entre social-démocratie et contre-révolution conservatrice.  Ce premier tour des présidentielles  à poser les jalons d'une nécessaire rénovation du socialisme démocratique  à  laquelle le Parti socialiste  va devoir s'attacher à engager  en tenant compte plus d'un centre démocrate-chrétien pro-européen qu'une gauche antilibérale sans réel projet alternatif, sans consistance électorale à même de peser, et libéré enfin de cette nécessité de se lier au PC.
Par Eric Lafon - Publié dans : agauche2007
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Mercredi 25 avril 2007
Le 4 mars dernier je postai un article commentant les attaques du camp socialiste contre François Bayrou et surtout l'appel "précipité" de Daniel Cohn-Bendit à réaliser une majorité PS-UDF-Verts pour gouverner le pays.
Les résultats de ce 1er tour de l'élection présidentielle place de fait ma candidate Ségolène Royal dans la situation de pouvoir gagner le second tour avec l'apport des voix centristes rassemblées autour de la candidature Bayrou.
Cette hypothèse n'était pas très difficile à défendre. Seuls ceux qui n'accordent aucun crédit aux sondages pronostiquaient un vote à la gauche du PS important et voulaient ignorer la percée et la force de la candidature Bayrou.
Les dernières déclarations de Ségolène Royal sont excellentes car elles se placent sur le terrain des idées et du projet pour un renouveau du pacte républicain, un renouveau pour gouverner la France et nous engager, enfin, dans un nouveau cycle de l'histoire politique de notre pays.
La rénovation portée par François Bayrou est le centre d'une nouvelle majorité pour un PS qui a besoin de franchir une nouvelle étape de son histoire : réaliser sa mutation social-démocrate.
Enfin libéré d'une obligation d'union avec le PC, le PS va pouvoir renouer avec une vision européene, sociale-démocrate et écologiste. Le "non" à l'Europe avait stoppé brutalement le processus. Les résultats des élections présidentielles me font espérer que nous allons repartir de l'avant. Seule déception le faible score des Verts.
Il appartient à François Bayrou et à celles et ceux qui l'accompagnent depuis quelques années de prendre leur responsabilité politique et historique. La précipitation de certains députés UDF à préserver leur siège (degré 0 de la politique) et donc de prêter allégence à Sarkozy devrait les aider à choisir le chemin. Le programme de Nicolas Sarkozy et de la droite UMP devraient plus encore les aider à opter pour une solution de majorité de progrès dans laquelle le courant démocrate-chrétien n'aura pas de peine à se retrouver.
Tout ne sera pas simple et des divergences subsistent entre PS et UDF de Bayrou, et notamment sur le contenue d'une démocratie sociale, sur la répartition des richesses, sur l'articulation Capital-Travail, sur le temps de travail, sur les retraites. Mais je le rappelle à mes camarades de gauche, lors de l'union PS-PCF les divergences elles aussi étaient fortes sur l'Europe, sur les questions internationales, sur la défense, mais aussi dans le domaine économique et sociale. L'occasion pour nous socialistes, sociaux-démocrates et démocrates-chétiens, écologistes, de nous rencontrer pour gouverner la France et l'inscrire sur la voie d'une réforme profonde de ses institutions, de son pacte républicain. Il s'agit d'une majorité pour 5 ans. Les nécessités dans tous les domaines pour les tous les citoyens de ce pays valent mille fois mieux que les piètres allégences d'hommes sans conviction. La rupture conservatrice et ultra-libérale proposée par Nicolas Sarkozy présente les contours d'une véritable thérapie de choc à même de faire voler en éclats les colonnes de la République. Notre responsabilité, celle de Ségolène Royal et de François Bayrou est de tout faire pour l'éviter.
Par Eric Lafon - Publié dans : agauche2007
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Lundi 9 avril 2007
Des collages partout en France pour Ségolène Royal. Ici à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Ségolène Royal -
Ségolène Royal - "Saint-Denis, ville Rose..", reportage Fatcat - kewego
Ségolène Royal - "Saint-Denis, ville Rose..", reportage Fatcat - kewego
Ségolène Royal : "Saint-Denis, ville Rose..", reportage Fatcat Films.

Avec Rose Gomis, candidate PS aux législatives.


Par Eric Lafon - Publié dans : agauche2007
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