L’hebdo des socialistes de ce week-end, en date du 24 mars 2007 nous offre, à nous les militant(e)s l’antidote contre Bayrou, et la tentation que certains d’entre nous aurait de voter pour lui. Il y a effectivement des sympathisants socialistes qui ont, en préservant leur anonymat, déclaré préférer Bayrou à Royal. Il y a des enquêtes journalistiques qui tendent à montrer une attirance d’électeurs traditionnellement acquis au Parti socialiste et tentés de voter pour cet « autre candidat de droite », annonce l’Hebdo, qu'est Bayrou.
Telle est la situation à l’heure actuelle. La direction du PS a d’abord nié la percée dans les sondages du candidat de l’UDF, puis devant une menace, toujours d’après sondages, d’un possible second tour Sarkozy-Bayrou, a reconsidéré son autisme et son fait d’ignorer la chose pour avancer l’idée que Bayrou n’a pas de programme. Depuis que François Bayrou dans nombre d’interview dit préférer un débat avec Nicolas Sarkozy plutôt qu’avec Ségolène Royal, parce que son projet pour la France s’oppose en tout point à celui de l’ancien ministre de l’Intérieur et donc qu’il aurait des points d’accord avec Ségolène, cette dernière dit que le dénommé Bayrou n’a pas de programme. Troublant ! Dans un deuxième temps François Bayrou a dit plusieurs fois ne pas savoir si Ségolène Royal avait un programme. Encore plus troublant !
Mais à quel jeu joue donc François Bayrou ? Justement il ne joue pas et propose aux électeurs que nous sommes un gouvernement pour la France qui réunirait sociaux-démocrates et démocrates-chrétien pour une politique de centre à l’italienne ou plutôt à l’allemande.
A un mois du 1er tour il n’en fallait pas plus pour que le PS prépare sa riposte. Quelle est-elle ? Les professionnels socialistes de la politique ont adopté la riposte la plus simple, la plus basique, celle qui ne nécessite guère de réflexion et qui sollicite plutôt le réflexe conditionné, pavlovien, de notre hypothalamus militant : le réflexe anti-droite. Pour contrer l’effet Bayrou et lui saper tout son travail qui consiste à construire une synthèse de deux grands courants, à l’échelle européenne, que sont le courant social-démocrate et les démocrates-chrétiens, il suffit de ramener Bayrou à droite. D’ailleurs cela tombe bien il dit ne pas vouloir intégrer une « union de la gauche » - et tant pis si l’on omet de préciser que dans la même phrase il dit ne pas vouloir rentrer dans une union dont il est sorti, à savoir l’union de la droite. Une fois la logique du « Bayrou est à droite » adoptée il faut diffuser du matériel simple, court, précis, basé sur le montage de quelques photographies et le rappel de quelques phrases démontrant l’ancrage de droite de Bayrou.
C’est fait avec ce numéro de l’Hebdo, avec en couverture une photographie de Bayrou avec Sarkozy. Celles et ceux qui y verraient un clin d’œil à la couverture de Paris-Match où notre premier secrétaire François Hollande s’affichait lui aussi avec Nicolas Sarkozy ne ferait preuve que de mauvaise esprit. Le ton est donné par le titre en couverture : « Bayrou : l’autre candidat de droite ». Cela claque au vent comme le drapeau tricolore accroché depuis quelques jours au balcon de l’appartement de Ségolène et de François ! Cela c’est du matériel de campagne. Mais regardez-les et surtout Bayrou ! Deux vrais amoureux. Rien à voir avec cette photographie d’un François Mitterrand serrant la main du Maréchal Pétain, continuellement utilisée par les détracteurs de gauche et de droite de notre ancien Président. Dans celle de l’hebdo on montre une certaine intimité, absente du vieux cliché de 1943.
A l’intérieur les militantes et militants pourront lire 14 pages d’un dossier consacré à celui que nous devions encore ignorer hier. Je vous invite à les lire. J’ai retenu pour ma part le montage en page 13. La couverture ne se suffisait pas à elle-même. L’intimité et le regard amoureux c’est porteur mais il nous fallait la preuve tangible qu’au-delà du regard Bayrou était de droite. Avec ce montage sous forme de morphing la preuve est assenée. Sarkozy et Bayrou ne fond qu’un ! Mais c’est génial ! Bayrou est donc le maître Sith que les Jedi cherchaient à découvrir. Le visage du maître des forces du mal, l’horrible Sarko n’était que le fameux chancelier Bayrou, déguisé en Palpatine-Sarko, euh !? L’inverse peut-être. La chose impossible à faire avec Le Pen et Georges Frêche marche avec Sarko et Bayrou c’est bien la preuve que le candidat de l’UDF est de droite. Alors vous pouvez lire l’interview de Jacques Julliard « le centrisme c’est l’impossibilité de gouverner ». Jacques Julliard, éditorialiste au Nouvel Observateur mais si vous savez? il avait approuvé le plan Juppé en 1995, ah oui ? oups !
Bon sinon vous pouvez lire le reste : quelques arguments notamment sur le vote des élus UDF à l’Assemblée et dans les régions. Et surtout si vous êtes tenté par le vote Bayrou regardez bien la couverture de l’Hebdo et dites-vous bien que Bayou c’est « l’autre candidat de droite » ! N’oubliez pas vous avez compris de droite !!!!
Pour les plus cons d'entre nous, et dont je suis, participez aux réunions du parti socialiste et argumentez à partir du Pacte présidentiel : défendre des idées auxquelles ont croit sincèrement est toujours plus difficile que de stigmatiser l’adversaire mais l’on n’en sort que plus grand. Quant à celles et ceux qui craignent la liberté de ton je leur confirme que « la grande révolution dans l’histoire de l’homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres ».
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