Quand les républicains s’étranglent en chantant la Marseillaise en bombant le torse et en ânonnant les vieilles lunes ringardes de la grraannde France, ils deviennent nationalistes, comme le personnage de Woody Allen qui dès qu’il écoute du Wagner a envie d’envahir la Pologne.
La Marseillaise et le drapeau tricolore n’appartiennent pas plus à la droite qu'à la gauche. Ils sont les symboles de l'Etat républicain. Tout comme le drapeau rouge ils ont été souillés du sang des victimes des siècles passées. Tout comme le drapeau rouge de l’émancipation des peuples ils ont portés les espoirs des sans-culottes français et d’autres peuples.
En 2007, l’un est toujours l’hymne national et l’autre le drapeau de la France. Rien aujourd’hui ne légitimise une quelconque mobilisation patriotique des Français !
Le candidat Besancenot a parfaitement raison. Les citoyens de ce pays, ceux qui payent des impôts sans chercher à échapper au fisc, celles et ceux qui travaillent et sont peu rémunérés souhaitent que l’on parle logement, salaire, égalité professionnelle, lutte contre toutes les discriminations, réduction du temps de travail, éducation, santé et même rendez-vous compte solidarité avec le reste du monde à commencer par les sans-papiers en situation irrégulière sur le territoire.
La France on l’aime quand elle coopère avec l’autre, l’étranger, quand elle se solidarise avec les peuples qui luttent pour leur émancipation. Sûrement pas quand elle s’égosille sur sa « spécificité » ou son « génie » afin de nier ou de tenter de s'imposer vis-à-vis d'autres cultures étrangères. L’identité singulière de la France est un mythe. Il y a la France de l'empire coloniale et celle qui abolit l'esclavage, il y a eu la France de Vichy et celle réfugiée à Londres. Il faut espérer que la France de Ségolène ne ressemblera pas à celle que Sarkozy souhaite nous offrir. L’idée au départ n’est pas celle-là. Je n’ai pas voté pour me gargariser de Marseillaise et pour me draper dans les couleurs nationales. La politique est décidemment une chose trop importante pour la laisser entre les mains des communicants qui bourdonnent autour de la candidate. Ses apprentis sorciers incultes font joujou avec des choses qui les dépassent. On ne joue pas avec le sentiment national d’autant plus dans un pays en crise, morale et politique.
II faut contester tout autant aux apprentis sorciers de la bande à Sarko de jouer avec les symboles nationaux.
Laissons à Max Gallo les vieilles rancunes et les syncrétismes nauséabonds entre Jaurès et Brasillach, la France de Thiers et celle des administrateurs de la trique coloniale,
Et laissons à son ancien ami devenu celui de Ségolène, Jean-Pierre Chevènement ses vieux rêves de la France d’antan, des Jules Ferry, du martinet et des coups de règle sur les doigts. Laissons-le se bercer aux sons des canons de Jemmapes et de Valmy et surtout arrêtons-le une bonne fois pour toute si l’envie le reprenait d’aller planter le drapeau français à Berlin !
Et pour le calmer définitivement je propose qu’on lui fasse chanter ceci :
« Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu’au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier,
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées
Le jour de gloire est arrivé »
Léo Ferré, 1969